Je suis camerounais, je fuis!

août 9
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N’est pas camerounais qui veut hein ? Larguez un camerounais sur Mars, il trouvera toujours le moyen de faire parler de lui. Au regard de ses performances, la Cameroon Olympic Team aurait dû passer inaperçue, mais en réussissant à s’évaporer dans la nature, sept athlètes ont réussi à nous mettre sur le devant de la scène. Twitter, Facebook, et même des journaux respectables comme le New York Times ont fait leurs choux gras de cette histoire d’athlètes disparus. Comme notre réputation est apparemment assise, personne ne s’est demandé si nos compatriotes avaient été enlevés, si des terroristes du genre Septembre Noir ne les retenaient pas quelque part, rien. Personne n’a convoqué les experts Londres pour élucider cette affaire (cc @ETAMBA) tout le monde a conclu : ils ont fui.

Si le monde entier veut nous octroyer la médaille d’or du ridicule, tant pis. En ce qui me concerne, je suis surpris quand j’entends des gens dire qu’ils ont entaché le blason de la Nation, qu’ils attirent la honte sur nous et blablabla. Laissez-moi rire. Chaque jour, des sénégalais traversent le désert à pied, espérant finir dans un centre de rétention espagnol, chaque jour, des pirogues chargées de maghrébins bravent la Méditerranée pour squatter les côtes italiennes. Je me souviens de ce malien qui a fait Bamako-Paris recroquevillé dans le train d’atterrissage d’un Airbus, ou de ces congolais qui ont fait le voyage jusqu’à Anvers cachés dans des conteneurs. Voilà sept lions qui ont réussi à émigrer de la façon la plus classe qui soit: Billet d’avion, visa, défilé sous la bannière vert-rouge-jaune devant le monde entier, primes perçues, et pffft ! Disparus. Qui dit mieux ? Veni, vidi, fuiti (laissez mon latin en paix!). Je suis venu, j’ai vu, j’ai fui. Et alors ? L’important c’est de participer non ?

C’est assez triste néanmoins de voir que notre pays est devenu une prison dont tout le monde veut s’échapper à tout prix. Que peut-on reprocher à ces jeunes gens ? De n’avoir pas osé ? Ils se sont tout de même retrouvés aux JO, au prix d’une qualification. Ce sont des athlètes. Des gens qui ont pris leur destin en main et se sont spécialisés dans la pratique du sport de haut niveau. Mais voilà, le sein sensé les nourrir s’est révélé empoisonné. L’un d’eux Edingue est un nageur et chaque jour, je me demande comment ce jeune homme est parvenu à aller aux jeux. J’ai beau chercher dans mon esprit, je ne vois aucune piscine olympique dans ce pays. Le Wouri ? La Sanaga ? La Dibamba ? Le Nyong ? Le Mfoundi ? Edingue s’entraînait dans la piscine de Nkomo! Un misérable bassin que les dragueurs yaoundéens connaissent bien.

Idem pour le gros du contingent, les boxeurs. Je ne sais pas si vous connaissez le camp de l’unité, le temple de la boxe à Yaoundé. Une vieille bâtisse sale, croulante, obscure. Un antre glauque que quelques passionnés maintiennent à flot tant bien que mal en formant sans moyens ni matériel une jeunesse qui n’a que l’envie comme motivation. Mais malgré ça, deux des boxeurs étaient médaillés des derniers jeux africains, dont un en or !

Le boxeur Donfack était pensionnaire de l’INJS de Yaoundé, un futur fonctionnaire, mais un homme dont les rêves étaient dans les gants de boxe.

Comment leur en vouloir ?

Partir devient une nécessité, un devoir. Partir ou mourir. Partir ou voir son talent s’étioler jusqu’à ne devenir qu’un vague souvenir peuplant les soirées alcoolisées dans un bar pourri : quand j’étais jeune, je nageais hein ? Pas vos machins là !

Ce n’est pas la honte du Cameroun, ni celle de la majorité de notre peuple. Les responsables sont là. Tapis dans l’ombre mais pourtant connus. Ces vautours, ces vampires qui ponctionnent lentement mais sûrement le sang de la jeunesse, ses espoirs, ses rêves.

Laissons les sportifs. Combien de jeunes gens profitent d’une bourse d’étude et ne reviennent jamais ? Combien de médecins s’en vont faire des stages et constatent que le bistouri est plus maniable en Europe qu’au Cameroun ? Les développeurs, les entrepreneurs et j’en passe. Combien de camerounais brillants sont éparpillés à travers le monde ? Même lors des JMJ vous savez, les Journées Mondiales de la Jeunesse, cette manifestation catholique réunissant des jeunes chrétiens du monde entier, des camerounais partent et ne reviennent pas. Même Dieu est plus sucré à l’étranger.

Politique du livre inexistante, politique sportive boiteuse, presse peuplée de vautours, secteur musical transformé en mafia, corruption à grande échelle, favorisée par une bureaucratie monstrueuse, avide de gain, adepte du népotisme et d’un favoritisme aux relents ethnotribalistes. Malgré ça des jeunes gens s’en sortent, réussissent à briller et ne demandent que le minimum d’encadrement qui feraient d’eux les héros de demain, ceux par qui le soleil viendrait briller sur une Nation qui le mérite au vu des talents dont elle regorge. Niet ! ils ne reçoivent rien.

Il n’ya qu’à contempler la Team France. Noire de camerounais ! Des champions allés chercher ailleurs ce que leur terre leur a refusé. Immigration choisie, dans l’autre sens. Même l’équipe de foot n’attire plus personne. Je suis né en France, je suis Français, que ferais-je du Cameroun? Comment leur en vouloir ? Avant de vous demander ce que le Cameroun a fait pour vous, demandez-vous ce que vous avez fait pour votre pays. Phrase de démagogue, vide de sens et que les faits rendent encore plus caduque.

Il ne s’agit pas de faire dans du pessimisme ou de l’afropessimisme de mauvais aloi, encore moins de se lancer dans les lamentations façon Jeremie. J’énonce juste des faits. Si vous voulez tirer sur quelqu’un cherchez du côté du potentat qui nous dirige depuis trente ans. Laissez les camerounais se débrouiller. Je rends un vibrant hommage à ceux qui restent et osent dans ce pays, mais jamais au grand jamais, je ne jetterai la pierre à ceux qui s’en vont. Personne ne voudrait vivre par procuration.

Une anecdote pour la route. Dernièrement à mon retour de France ma mère m’a demandé avec le franc-parler qui la caractérise : mais je dis hein ? Toi-là même tu reviens à chaque fois faire quoi ici ? Je lui ai répondu : Mama ! Froid de là bas, c’est pas froid que tu connais là, c’est congélateur.

Bon et puis, si je pars qui vous pondra le kongossa pimenté made in Kamerun ?

Peace mes frères fugitifs!

 Merci à Elodie (@Shesmile237) la jolie twitto qui m’a inspiré ce billet ;)

 

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47 Comments

  • nancy says:

    oui pardon ne pars pas, ton kongossa est intelligeamment pimenté, personne ne le pondrait aussi bien.ton blog minstruit me divertit m’éduque et affine mon jugement. Ca fait …euh..janvier fevrier…8mois ke je le suis assidument,jai tt lu depuis le premier article de 2010, je suis née en france, je connais le cameroun a travers mes sejours d’aoutienne-juilletiste récidiviste, les épopées savamment racontées par ma mater et les discours des camers parigos depuis peu que je cotoie régulièrement, et ton blog est une source d’information et de réflection totalement insolite.j’aimerais etre de ces commentateurs qui échangent ac toi en te donnant leur point de vue, sur lequel tu prendrais la peine ou non de rebondir(c le 4e comm ke je post^^)mais je ne saurais parler de ce que je ne maitrise pas, japprends et je partage ac ceux que ca interesse. Dc continue detre camerounais mais ne fuis pas pardon ;-)

    • Désolé Nancy si je réponds pas toujours (surbooké), mais crois moi, je connais tous les lecteurs qui prennent la peine de laisser des commentaires sous les billets, donc je te connais un peu.
      Rassure toi, je suis encore au Cameroun, The Place to Be lol. Le kongossa n’est pas près de s’arrêter, sauf si on musèle kongosseur. Encore merci pour ta fidélité. ça fait chaud au coeur.

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  • belobo aline says:

    Avec beaucoup d’humour, tu parles de ces maux qui ne sont pas que des mots.
    En tout cas, aux prochaines éditions des JO, le Cameroun sera exclu.

  • Andriamihaja says:

    Excellent billet comme toujours ;)

  • reine says:

    seulement 7 et ils veulent nous pourir avec ca comme si c’etait tout un peuple
    ca fait longtemps que j’attends ton article dessus je commencais à me demander si tu n’ecoutes pas .
    mais bien evidemment c’est mal te connaitre. loool

  • afrcanpanthers says:

    florian je suis pourtant très difficile a convaincre, de ces gens qui trouve souvent beaucoup a redire des pensés de nos compatriotes. mais franchement ton écriture simple et ton humour qui pousse et interpelle a la réflexion me laisse sans voix… tu as tout a fait raison, ceux qui ne savent pas ce que c’est que d’être un camerounais qui vit au cameroun ne peuvent pas comprendre le geste des lions qui ont saisis pour ainsi dire une occasion en or… chapeau pour ton talent certain mon frère et bonne continuation dans ce genre de kongossa bien loin des médisances de certaine mégères de mon notre mboa natal un peu comme ces fille du taxi (ah oui j’ai lu tes chroniques)

  • Bertille says:

    « Je suis Camerounais, je fuis »! Tu ne pouvais pas être plus en phase avec l’actualité. J’ai lu dans un article de Rfi ce matin que les autorités camerounaises ont demandé à Londres de les aider à retrouvers nos 7. Malheureusement ils sont en règle.

    Gars tu as vidé ton sac. J’espère qu’il en reste pour le prochain article. Comme ont dit les autres avant moi, nous on aime le kongossa « pure souche ». Alors ne va pas corrompre ta plume avec le froid congélateur!

    Merci

  • Macmady says:

    Ce billet pourrait être renommé pour beaucoup d’autres pays… Avec des athlètes ayant fui ou pas, partout en Afrique, les mêmes maux sévissent!

  • Daddy says:

    Très bien réfléchis, je suis en RDC et je crois que personne ne peut jeter la pierre à ces jeunes et qui ne sera pas tenté à fouler ces pieds à Londres et y retourner aussi facilement, peut être les seuls privilégiés des pouvoirs en place.

  • Jean Luc says:

    Une amie est allée aux USA pour un séminaire sur l’environnement, il y a 7mois et n’est jamais revenue. Et des cas pareils il y en a tellement et ne sont jamais à la UNE comme le cas de nos athlètes. Je ne leur jetterai pas la pierre parce qu’ils sont seuls maîtres de leur destin, mais je n’apprécie non plus leur méthode d’évasion financée par le contribuable. Un adage dit que l’on ne peut pas suivre deux lièvres à fois : Ils ne pouvaient pas préparer les #JO2012 (Oui! malgré les conditions de préparation dérisoires) et préparer en même temps leur évasion. Les conditions de « survie » au Cameroun c’est une affaire de tous alors un seul mot …. !

    • a hot says:

      … fuyons !

    • toubaigne says:

      je dirais plutot 3 mots: « sauve qui peut ».

      Quant à l’évasion sponsorisée par le contribuable, je pense que le billet d’avion « njoh » qu’ont gratté ces athlètes n’est qu’une goutte d’eau dans un océan d’absence d’éthique. C’est un peu comme les poupées russes: plus on monte dans la hiérarchie, plus les volumes sont importants. Sachant que nos athlètes représentent le bas de l’échelle (le peuple), qu’ils aillent « se chercher en Europe » aux frais de nos instances sportives n’est qu’une juste retour à César de ce qui est censé lui appartenir.

  • BHK says:

    Merci, a quand les consciences vont s’élever, s’exprimer et se rassembler pour prendre en main leur destin qui vaut beaucoup mieux que ca.
    God Bless U

  • Anonyme says:

    Chapeau l’artiste…ça se passe de tout comment.

    Un de plus dans mon « The best of Kamer Kongossa »

  • ZOUATCHAM HUBERT PATRICE says:

    Encore un billet sucré salé pimenté. Tu depeinds une réalité qui est celle de tous les jeunes camerounais qui ont quitté leur Cameroun natal. Pour ma part j’attends des excuses concernant tous les mots dont on a traité ces jeunes. J’ai l’impression que les edutorualistes du mo de n’avaient plus rien a raconter au point ou cette actualité était la seule chance de pouvoir faire vendre. De toute les façons comme on dit souvent ils y sont et ils y resterons. La plus haute instance olympique nationale n’a t elle pas déclaré espérer que les états qui aujourd’hui crient au loup ne les recupererons pas et qu’ils resteraient camerounais pour donner a nitre pays des possibilités de medailles un de ces jours?
    Que ceux qui sont resté me dise si cela ne leur a pas traversé l’esprit. Meme nous intellectuels souffrant de ce phénomène que tu n’arrives pas a qualifier et qui n’est pas le propre de notre seul Cameroun. J’espere juste que le voyage se terminera bien pour eux.
    Le ridicule c’est comme les fesses de la poule c’est lorsque le vent passe qu’on peut les voir.

  • Brice Labrikol says:

    D’habitude je me contente de lire les titres de tes articles sans jamais aller au fond (faute de temps, toi même tu connais mbeng…). Mais là ton analyse me semble très pertinente. Jusqu’ici j’ai discuté de tout celà avec des potes mais aucun n’a resorti ces medecins et autres boursiers qui ne rentrent jamais au pays, alors que c’est le même débat selon moi. En tout cas je ne peux que te dire merci et t’encourager dans ce que tu fais. Pour finir sur une note d’humour, sache que ton Kongossa est encore plus sucré à Mbeng, rien que pour celà je vais encore patienter avant de rentrer au mboa… ou pas!

    • John says:

      Vraiment, De même, Je suis ingénieur et ai parfois très peu de temps à lire des articles, mais ton style donne envie d’aller au bout de laecture. Felicitations

  • Lucie says:

    Encore un grand merci pour cet édifiant billet, mister Kongossa ! Ta plume est incisive à souhait et rend parfaitement compte d’une réalité et d’un sentiment souvent difficiles à décrire…en tout cas, tes post éclairent mes proches restés en France sur ma nouvelle terre d’accueil, que j’apprends à aimer, vraiment, malgré ses dysfonctionnements souvent désespérants ! Keep writing en tout cas!

  • Herman T says:

    ce billet me laisse sans voix, une analyse contextuelle et très pertinente des réalités non pas seulement camerounaise , mais aussi africaines .et que dire de cette touche d’humour que tu y ajoute à chaque fois ……. CHAPEAU L’ARTISTE

  • MAHOP BEKOUME Carine says:

    Cameroun, Obosso……

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  • masterchouaps says:

    Excellent news !!!

  • Ouédraogo says:

    La partie qui m’intéresse, c’est qu’on ne s’est pas posé la question de savoir s’ils avaient été enlevés. Comme tu le montres ce billet, ce n’est que l’une des milles manières qu’on certains (je ne dirai pas africains seulement) pour rester en Europe.

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  • nina kogni says:

    Une vaste réalité cristallisée en sept malheureux athlètes et très bien dépeinte ici…Le Cameroun n’offre rien tandis que sa jeunesse se noie dans l’alcool. Pas d’infrastructures sportives, pas de lieu d’expression culturel, pas de boulot. il est normal de rêver d’un ailleurs, le patriotisme n’existe pas. il est difficile d’aimer si on est pas aimé en retour…le Cameroun n’aime pas sa jeunesse, elle n’a rien à exiger d’elle.

  • munasawa says:

    Une fois de plus très bel article! Analyse pertinente et style d’écriture très agréable. Bravo! :-)

  • joachim tougma says:

    article original et instructif!!! mais faut pas fuir hein!!! nous t’apprecions trop

  • Severino says:

    Comme toujours tu assures!

  • kolifranck says:

    « Quand j’étais jeune je nageais hein ! pas vos machins là » Aïe Aïe je suis MMDDRRR. chapeau l’artiste !

  • odile says:

    excellent!!

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  • Eric says:

    J’ai rigolé aux éclats… Ton billet fait le tour du web, une amie me l’a transféré. Félicitations. Tu es un écrivain authentique.

  • Jean-Marc Rolland / 侯壮马上 / 1975jmr says:

    Effectivement, et si ces jeunes athlètes étaient tombés sur un serial killer? Aucune étude valable, uniquement la fuite? Est la résignation d’une fatalité de l’exode? En parlant d’exode, excellent le dicton « l’occasion fait le larron », car profitez des JmJ, journées mondiales de la jeunesse.

    Cela montre le bien peu de foi… Et je pense au syncrétisme religieux à Madagascar, idem, un protestant acceptant un poste en brousse pour une église évangélique car il sera payé en dollars en revenant sur la capitale plus tard… Alors que la plupart n’arrive pas à le réciter les 5 premiers livres du canon biblique… Looool

    Bref ne leur jetons pas la première pierre, honni soit mal qui y pense ;-)

  • Bazord says:

    Je viens de découvrir ce magnifique blog, J’ADORE. En ce qui concerne les Kmer qui tracent, je suis d’accord avec toi, il vont chercher ce que le pays refuse de leur donner. On est toujours en train de nous dire d’avoir la fibre patriotique mais à tceux qui gèrent aussi mal on le dit jamais.

  • Michouz says:

    Merci Ngimbis! Merci une fois de plus pour cette analyse que je trouve juste. Je tire mon chapeau à ceux qui restent comme toi pour faire un Kongossa frais, instructif, drôle et engagé.
    Merci de partager. Longue vie à ton blog de Kongossa.

  • Vanessa says:

    Une analyse tellement simple et pourtant tellement véridique…. Merci!

  • wind says:

    looooooooooooooooooooooool <>

  • MARC says:

    « même Dieu est plus sucré à l’etranger ». vraiment tout ce ki porte l’etiquette made in labas semble bon… lol. chapeau et merci pour ces kelkes lignes.

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