Comment ne pas se faire agresser à Yaoundé en 5 leçons

avr 9
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Photo Matimba Herbert Mpangane, voleur de Coca Cola Prétoria

Il faut croire que Yaoundé a changé hein ? Jeudi dernier, je suis rentré chez moi assez tard (travailler plus pour gagner plus). En sortant du bureau, j’ai longé les ruelles qui serpentent à travers le centre-ville avant de tomber sur un taxi en maraude qui m’a ramené chez moi.

Quand je pense qu’il ya quelques années, être à pied, de nuit au même endroit, signifiait se faire détrousser, voire pire par les bandits qui hantaient le coin !

Pour avoir été une victime récurrente d’agressions nocturnes, je crois que je peux à juste titre conseiller le Yaoundéen sur la criminalité de notre cité. Surtout celle qui sévit en centre ville. Je peux lui refiler quelques trucs et astuces qui le tiendront longtemps éloigné des agressions devant les snacks-bars et autres boites de nuit.

Leçon 1 : ne pas parler aux inconnus

On a beau le répéter aux gens, ils ne le prennent pas au sérieux. Le bandit Yaoundéen sévit la plupart du temps en public. Son astuce pour endormir la méfiance des témoins est de faire comme s’il connaissait sa victime.

Cas pratique: tu es en boite. Après quelques Castels, tu sors prendre l’air. Soudain un type souriant te lance : Vraiment ! mon frère ! ce pays tue les jeunes! Toi qui est un de ces jeunes « tués » tu réponds : vraiment! mon frère, tu as raison. Deux secondes plus tard vous causez comme de vieux amis, dix secondes après il te coince contre un mur avec un couteau sous la gorge :  Vide tes poches mon frère!

Leçon 2: ne jamais avoir pitié

Ne jamais prendre en pitié les clochards, les nangabokos et autres créatures qui hantent les abords des lieux de plaisir. Si vous voulez faire l’aumône, apprenez d’abord à viser. ça vous permettra de lancer les pièces à distance raisonnable des couteaux qui ne sont jamais bien loin des écuelles qu’ils vous présentent.

Leçon 3: Ne jamais croire au hasard

Les coincidences ! Il ya quelques années. Je suis en boite en centre ville, au lieu d’aller faire la queue pour me vidanger la vessie comme tout le monde, je décide, grand Seigneur de sortir et d’aller me soulager dehors. Curieusement, alors que je sors mon engin pour faire mon affaire, je me rends compte de la présence de trois autres « pisseurs », sortis de l’obscurité avec un timing trop précis pour laisser une once de place au hasard. Trois secondes plus tard, la braguette ouverte, le devant du pantalon humide, je courais comme un dératé pour retrouver le couvert securisé de la discothèque. Il en va de même pour les cigarettes : il n’y a qu’au boulot qu’il faut tolérer les grillades en groupe.

Leçon 4 : Ne jamais faire confiance aux flatteurs

Les  camerounais aiment les gros titres. La rumeur dit qu’ils tiennent ça du Roi Lion, qui en a une ribambelle. Les voleurs, fins psychologues l’ont compris. Il ya des agressions qui commencent avec des phrases du type : « bonjour grand frère, je viens du village, je désire me rendre à Ekounou, tu peux m’indiquer mon chemin s’il te plaît ? ». Quand il entend ça, le Yaoundéen en mal de flatterie comprend : « Bonjour Monseigneur, dont la mise noble et altière laisse voir l’état de citadin. Ô incarnation humaine de Google Maps, pourrais-tu activer ton GPS intégré et  m’extraire des Sentiers de la Perdition où je me trouve ».

Sauf qu’après trois pas effectués hors de la zone lumineuse pour bien indiquer un point de repère, notre grand Seigneur se retrouve le couteau sur la gorge, en train de se faire palper par son adorateur.

Leçon 5: Croire la rumeur.

Toujours ! Si à Yaoundé, tu entends des phrases du type : dans x quartier on agresse beaucoup ou à partir de y heure vaut mieux ne pas passer par z rue, vraiment, faut le croire. Dans ce pays, les seules rumeurs qui sont fausses sont celles qui annoncent la mort du Roi-Lion.

Un crépuscule de 2009 alors que je raccompagnais une aguichante gazelle chez elle, je décide de passer par le pont qui traverse le Mfoundi en face du lieu dit voirie municipale. Tout le monde sait pourtant que bien que fréquenté en journée, il vaut mieux éviter d’emprunter ce raccourci la nuit tombée. Je me motive avec des poncifs du genre « je suis le mâle dominant », « je suis un mec du dehors ». Je n’avais pas fini de me motiver qu’un malabar armé d’un incroyable couteau sort des sissongos, arrache le sac de la fille et disparaît sans dire au revoir. Mon premier réflexe a été de prendre mes jambes à mon cou, mais je me suis souvenu que j’étais le MALE. Reviens ici sale petit voleur! Me suis-je mis à crier en sautillant sur mes ergots. Dois je préciser que je n’ai revu ni le voleur, ni la fille?

Bon! je l’avoue, ma liste de conseils n’est point exhaustive hein? Mais croyez moi, un de ces quatre vous penserez à moi.

Peace les amis!

 

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21 Comments

  • stonde says:

    « Travailler plus pour gagner plus » c’est du Sarkozy ça!!!
    Tu as oublié le « serré-serré » dans les taxis….

  • Tony says:

    J’aime beaucoup la leçon n° 4. C’est tellement bien écrit!

    • BETTINA ANITA says:

      j’adhère aussi à ce que tu dis, la lecon 4 est vraiment bien écrite!! j’ai limpression ( c’etre entrain de lire Engelbert Mveng)

  • MAHOP BEKOUME Carine says:

    Je me rend compte florian qu’à chaque fois que tu te retrouve dans une situation rocambolesque une fille en est presque toujours la cause (cf. leçon 5)…

    Merci des astuces mais tu as oublié  » les diseurs de bonnes aventures et guérisseurs de mauvais sort ».
    Eh oui, si en marchand vous entendez une personne vous interpeller en vous disant que vous avez traverser les remèdes et qu’elle peut vous guérir , filer sans demander votre reste sinon vous vous ferez plumer …

  • Bouclier says:

    Morte de rireeeeeeeeee !

  • jonathan padjip says:

    chapo super costo big frère

  • amadore says:

    tu es folle Florian là je confirme pour la fin je pense que tu dois t’éloigner des gazelles elles te plument tjrs bne continuation

  • BETTINA ANITA says:

    je connais une fille qui a vidé tous les ordinateurs et les téléphones portables de la maison de son oncle pour les remettre gentillement à 2 bandi à yaoundé parce kils lui avaient dit kon lavait attaché au village et k seul les ordinateurs et les téléphones pouvaient les aider à la guerir mais kelle ne devè en parler à personne et qu’après, ils les lui remettraient!

    • Martin-olivier says:

      J’espère ne jamais avoir à regretter de tels conseils!!! Le dehors si est mauvais. Mais gars il faut écrire pour Douala noooor,!!! Ici c’est le coup de l’enfant complice qui chauffe…. un enfant te voit et te tends un bout de papier « indiquant » le lieu de sa supposée maison qu’il n’arrive plus à retrouver. Quand, puisant en toi tes dernières ressources d’humanisme rescapées des dangereuses péripéties de notre société, tu te lance à la recherche de la maison du mouna, tu te retrouve plus tard devant la porte d’un domicile où des braqueurs t’attendent! Mon frèrrrrre même les enfants????? TS888p! le pays si tu les jeunes (lool)! Peace bro’!

  • nina kogni says:

    tu oublies leçon n°6, restez chez vous! lol

  • Cerise says:

    MDR !!!

    C’est amusant ça, mais au fond pas si drôle que ça quand on regarde la gravité de cet acte. Si tu as le malheur de n’avoir pas d’argent sur toi ou pas assez selon l’agresseur, tu paieras de ta vie. Ils vont te poignarder de leur avoir fait perdre leur temps avec toi; au moins tu dépenseras (à défaut de le leur donner) pour te soigner au pire des cas, ta famille dépensera pour le deuil.

    Je ne compte plus le nombre de plaintes déposées à la police toujours en attente d’enquêteurs ou sans suite.

    Les bandits (petits comme grands) agressent en toute impunité dans ce pays. Ils sont carrément roi et ne sont inquiétés de rien. Qui va leur faire quoi ?

  • Clesio says:

    Mdr!il mk bcp 2lecon mè cè 5 là c déjà prémunissan

  • alice says:

    Rires!! pardon laisse les petites, elles auront ta peau!! et merci pour les conseils!!

  • sonia says:

    j’apprécie ta chronik, je la trouve intéressante

  • Pingback: Ne pas se faire détrousser à Douala en 5 tactiques | From Douala With Love

  • Jordan jp says:

    je suis mdrrrr, j’ai tellement rigolé sur toute les leçons!!! alors voici le topo j’arrive bientôt au bled après plusieurs année à l’étranger. j’ai donc le présentiment que je ne vais pas y échapper aie aie aie lolll merci quand mm pour les conseils

  • dims says:

    Quel bande de sauvage !

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